L’entrevue suivante avec la talentueuse Mikayla Nembhard a été réalisé par courriel au printemps 2021, en anglais, puis traduite en français. Depuis, Mikayla a obtenu son baccalauréat ès arts spécialisé bilingue du programme de communications du campus Glendon. Récemment, elle a aussi reçu le Prix Gertrude Mianda d’excellence en rédaction d’essai, un prix qui célèbre les écrits exceptionnels traitant de l’iniquité raciale, pour un essai sur l’alternance codique produit dans le cadre du cours d’études individuelles GL/COMS 4100. Mikayla est maintenant coordonnatrice des communications et assistante de production chez EMG Education, une compagnie d’arts éducatifs à but non lucratif qui utilise l’art comme outil pour aborder les questions de justice sociale au Canada et libérer l’imagination des étudiant·es et des communautés. Mikayla est également co-animatrice de «The Brave Girls Podcast» pour Brave Global, un organisme de bienfaisance conçu pour renforcer l’autonomie des jeunes femmes et des filles partout dans le monde. Vous pouvez la suivre sur Instagram où son pseudo est @_mikayla.n

A portrait of Mikayla Nembhard

Mikayla Nembhard, diplômée du campus Glendon, Communications, 2021.

 

1) PT : Salut Mikayla ! Cela fait un moment que nous avons échangé. C’était à l’automne 2019 la dernière fois : si je me souviens bien, c’était dans le cadre du cours Fail. Fail Again. Fail Better… Il me semble que c’était il y a des lustres, alors je suis d’autant plus heureux de cette occasion de renouer le contact !

La raison pour laquelle nous avons cet échange de courriels est que vous avez récemment créé des portraits vidéo assez étonnants de trois anciennes étudiantes du programme de communications de Glendon, toutes récemment diplômées. Tout d’abord, nous pourrions peut-être commencer par vous. Nous nous connaissons grâce à tous les cours que nous avons eu ensemble, mais pour le bénéfice de nos lecteurs, pourriez-vous nous dire dans quel programme vous êtes actuellement inscrite, où vous en êtes dans vos études et quand vous prévoyiez obtenir votre diplôme ?

MN : Oui, bien sûr ! Je m’appelle Mikayla Nembhard, et je suis actuellement inscrite au programme de communications bilingue avec spécialisation, ici à Glendon. Je suis en quatrième année et j’obtiendrai mon diplôme en juin 2021. Je suis surprise chaque fois que je dis cela : ces quatre années ont vraiment passé vite !

2) PT : Pour en revenir aux vidéos, je crois savoir que vous avez été contactée par le professeur Evan Light, alors qu’il était coordinateur du programme de communications. Il cherchait quelqu’un pour produire des portraits vidéo d’anciennes étudiantes de COMS. Il vous a choisi, car vous aviez déjà une certaine expérience de la production médiatique. Pouvez-vous nous dire ce que vous faisiez avant de vous inscrire à Glendon, quels équipements et logiciels vous avez appris à utiliser, et dans quel contexte ?

MN : Oui, mon expérience des médias me vient de mes parents fantastiques qui possèdent une compagnie de théâtre et de médias appelée EMG Education. Ils m’ont vraiment exposé à toutes les formes artistiques, et j’ai réalisé que c’était ce que je voulais faire. J’ai eu ma première expérience de tournage et de montage en 2017/2018, lorsque j’ai aidé à filmer des interviews pour ma mère et ses invités. C’était très simple. Tout ce que j’utilisais, c’était mon téléphone et un cardan [gimbal] que j’ai acheté au Best Buy du coin. J’enregistrais et éditais sur mon téléphone avec ce logiciel appelé DJI Go. Personnellement, je pense que si des débutants veulent commencer à filmer, ils devraient utiliser cette application. Elle fonctionne à merveille !

3) PT : Pour faire suite à ma question précédente, en voici une que j’avais hâte de poser depuis que j’ai vu les portraits vidéo : comment avez-vous réussi à produire les clips, techniquement ? La signature visuelle est impressionnante. Je suppose que les diplômées se sont filmées sur leur téléphone, est-ce exact ? Ou bien avez-vous réalisé les interviews par Zoom ? Quel logiciel avez-vous utilisé pour le montage ? Comment avez-vous eu l’idée de la transition nette entre chaque question ? Comment s’est déroulé votre travail du début à la fin ?

MN : Tout d’abord, je tiens à vous remercier, et je suis ravie que vous ayez apprécié ! J’ai réalisé toutes les interviews par Zoom parce que deux des trois anciennes étudiantes ne vivaient pas en Ontario, et je voulais aussi retrouver d’anciennes amitiés. J’ai utilisé Adobe Premiere Pro pour le montage, car je me suis familiarisée avec le logiciel l’année dernière lorsqu’Adobe a donné un accès gratuit à celles qui le souhaitaient. J’ai commencé à pratiquer le montage et la création de vidéos tous les jours, et ma passion a commencé à grandir. J’ai donc acheté la suite Adobe à la fin de ma période d’essai, et je n’ai jamais cessé de l’utiliser depuis. Mon flux de travail typique pour chaque vidéo se déroulait comme suit : après avoir terminé l’enregistrement, je «nettoyais» les séquences et prenais des notes sur ce que je voulais mettre dans la vidéo, et où. Ensuite, je la nettoyais, j’ajoutais quelques transitions, des extraits secondaires [rouleaux B, B-roll en anglais], de la musique, et voilà ! J’étais prête à partir.

4) PT : J’ai remarqué que vous avez utilisé des séquences vidéo de Pexels.com : sont-elles libres d’utilisation et de droits ? En est-il de même pour les mixages sonores que vous avez trouvés sur bensound.com ? Comment avez-vous découvert ces ressources ? Sont-elles faciles à utiliser et à rechercher ? Par exemple, en regardant les séquences vidéo, j’ai remarqué que vous vous efforciez d’assurer la diversité des personnes représentées à l’écran : était-ce un défi ?

MN : Bonne question ! J’ai utilisé Pexels.com et Bensound.com parce qu’ils sont tous deux libres de droits et que tout le monde peut les utiliser. Cependant, ils demandent aux utilisateurs de mentionner les crédits lorsque vous les utilisez dans vos vidéos. J’ai entendu parler de ces deux sites Web pour la première fois par l’un de mes camarades de classe, dans un de vos cours, Philippe ; à l’époque, ce cours s’appelait COMS 3207 : Contemporary Theories in Communication. Après avoir consulté les sites, je me suis rendu compte de l’intérêt qu’ils présentaient.

Lorsque j’ai commencé à chercher des vidéos, je voulais m’assurer d’une diversité dans le contenu. En tant que femme noire, je m’assure d’inclure une figuration ethnique variée afin que les spectatrices et spectateurs se sentent représentées en regardant mes vidéos. Cependant, lorsque j’ai cherché des vidéos, j’ai trouvé cela assez difficile, car de nombreuses vidéos n’étaient pas multiculturelles, et il semblait que la majorité du matériel que je trouvais ne représentait pas bien notre communauté diversifiée. J’ai donc dû mettre mon chapeau de réalisatrice et trouver des vidéos qui reflètent bien Glendon et le programme de COMS.

5) PT : Quels sont les autres défis techniques auxquels vous avez été confrontés, à la fois sur le plan de ce qui a fonctionné et de ce qui n’a pas fonctionné ? Je pense aux choses que vous avez apprises et trouvées utiles, mais aussi aux choses que vous ne voudriez pas reproduire à nouveau ? Et combien de temps a-t-il fallu pour réaliser chacune de ces vidéos du début à la fin ?

MN : Eh bien, je pense qu’un autre défi technique pour moi était l’audio. Il est évident que tout le monde n’a pas les moyens d’acheter du matériel de haute qualité pour l’enregistrement, mais on apprend à s’en accommoder. J’ai utilisé Adobe Audition pour essayer de nettoyer le son et le rendre plus clair. Au total, la réalisation des vidéos m’a pris environ 2 à 3 semaines, tout en devant faire mes travaux scolaires, mais j’ai pris beaucoup de plaisir à le faire.

6) PT : Prévoyez-vous ou souhaitez-vous réaliser d’autres projets liés aux médias à l’avenir ? Est-ce que c’est quelque chose que vous envisageriez de faire comme travail ?

MN : Oh, mon Dieu! J’adore cette question. La réponse est un OUI absolu ! J’aimerais faire plus de projets médiatiques comme celui-ci à l’avenir. Mon rêve est de devenir un jour cinéaste, et je suis passionnée par la création d’un art qui a le pouvoir de connecter les gens, quelle que soit leur situation.  

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