Quand :
avril 30, 2021 @ 9:00 – mai 1, 2021 @ 1:30
2021-04-30T09:00:00-04:00
2021-05-01T13:30:00-04:00

Il est impossible d’aborder la littérature de contact en Amérique sans traiter de la question des langues autochtones dont l’apprentissage, nécessité incontournable pour le missionnaire, l’aventurier comme le négociant, présentait de nombreux défis. Paul Lejeune, Gabriel Sagard, Marie de l’Incarnation, pour ne citer que quelques noms, ont souligné les difficultés que posait pour eux la maîtrise des idiomes du pays. Leurs écrits, comme ceux de bon nombre de leurs contemporains, sont émaillés de locutions et de termes amérindiens qui visent tantôt à accréditer leurs témoignages, tantôt à rendre compte de la réalité langagière de l’Autre, tantôt à reproduire une réalité locale intraduisible en français, tantôt à démontrer une compétence linguistique parfois gonflée à des fins de propagande. Toutefois, quelles qu’aient été les motivations des auteurs, les vocables amérindiens, uniques traces des échanges interethniques réels ou fabriqués, entraînent des problèmes d’interprétation en raison des erreurs de transcription, des variations dialectales d’un clan à l’autre, de la compréhension rudimentaire ou de l’oreille déficiente des Européens, voire de la fourberie des interprètes par le truchement desquels les conversations étaient souvent rapportées. À toutes ces embûches s’ajoutait encore l’imperfection des dictionnaires et petits vocabulaires mis à la disposition des voyageurs de l’époque.

L’atelier projeté sur deux jours se veut un laboratoire de recherche destiné à explorer des pistes de lecture et à soulever des questions sur la signification et sur l’usage des xénismes amérindiens dans un vaste corpus composé de relations de voyages ou de séjour, de correspondances, de chroniques missionnaires, de discours diplomatiques, ainsi que de lexiques et de répertoires de phrases ou de prières bilingues.