Son fascinant projet de recherche vise à éclairer les rapports entre les naturalistes français et néerlandais au tournant des XVIIIe et XIXe siècles.

MVI_0732.MOV.Still002À PROPOS DE SWANN PARADIS

Swann Paradis travaille en tant que chercheur et professeur au département d’Études françaises du campus Glendon. Après avoir obtenu un doctorat en médecine vétérinaire à l’Université de Montréal, il a complété son baccalauréat et ses études aux cycles supérieurs en littératures française et québécoise à l’Université Laval. Il s’est spécialisé dans divers domaines, notamment l’histoire naturelle (rapports entre texte et image), le roman gothique, la création poétique, de même que le surréalisme français et l’automatisme québécois. Largement impliqué dans la communauté de Glendon, il est membre du Sénat de l’Université York et siège à de multiples comités académiques.

C’est au hasard d’une lecture — le roman Le vieux chagrin de Jacques Poulin — que Swann Paradis a décidé d’entreprendre des études littéraires, alors qu’il pratiquait la médecine vétérinaire ; des professeurs l’ont ensuite encouragé à s’inscrire à la maîtrise, puis au doctorat en littératures française et québécoise. Il conjugue désormais sa passion pour les livres avec celle des animaux dans un cadre de recherche unique.

UNE COMBINAISON UNIQUE DE SUJETS DE RECHERCHE

Le champ d’études du professeur Paradis rassemble deux domaines généralement opposés : la littérature et les sciences. Son projet de recherche interdisciplinaire s’articule autour de l’invasion des Provinces-Unies (futurs Pays-Bas) par la France en 1795. Pendant l’occupation française, jusqu’à la chute de Napoléon (1815), un grand nombre d’objets d’histoire naturelle (notamment des animaux exotiques, vivants ou empaillés) ont été saisis comme butin de guerre par les Français, ce qui a contribué à occulter une grande partie du travail de fond accompli par les naturalistes néerlandais, tout en illustrant l’importance de l’histoire naturelle comme symbole de prestige national à la fin de l’Ancien Régime.

Le professeur Paradis espère apporter des éclaircissements et fournir de nouvelles perspectives sur ces deux puissances coloniales européennes en analysant les travaux des naturalistes qui, tant par leur collaboration que par la rivalité qui les opposait, ont contribué au développement spectaculaire de la taxonomie. Pour y parvenir, il analysera les images et textes contenus dans les ouvrages d’histoire naturelle, en s’intéressant plus particulièrement aux interactions entre Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788), et son homologue hollandais Arnout Vosmaer (1720-1799). Buffon éminent naturaliste français, mathématicien et intendant du Jardin du Roi (aujourd’hui le Jardin des Plantes à Paris), a contribué à faire de l’institution française le principal phare scientifique de l’Europe. Vosmaer, occupant la fonction de directeur du cabinet d’histoire naturelle et de la ménagerie du stadhouder Guillaume V d’Orange, avait pour sa part un accès privilégié à de nombreux spécimens exotiques issus des colonies (Surinam, Indonésie, Afrique du Sud).

S’étendant sur les trois prochaines années, cette étude, susceptible de retenir l’attention non seulement des littéraires, mais aussi des historiens, trouvera aussi un rayonnement appréciable auprès des non-spécialistes curieux de l’histoire naturelle, discipline alors considérée comme le point de rencontre du scientifique et du littéraire, comme le dernier état d’une République des Lettres menacée par l’éclatement de l’unité du savoir classique, tout juste avant que la figure du spécialiste ne remplace celle du généraliste.

À PROPOS DU CONSEIL DE RECHERCHES

Le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) est une agence fédérale qui cherche à promouvoir le savoir canadien dans le domaine des humanités et des sciences sociales en fournissant un soutien financier aux chercheurs au niveau postsecondaire. Le Conseil vise à soutenir les recherches qui améliorent la qualité de vie et contribuent au progrès de l’innovation canadienne. Il soutient le travail de recherche de Swann Paradis depuis de nombreuses années, des petites subventions de voyage aux subventions salariales, entre autres.

À PROPOS DES ÉTUDES FRANÇAISES À GLENDON

Glendon est le théâtre d’un programme d’Études françaises de renommée internationale. Situé sur un campus bilingue, Glendon est le cadre idéal pour parfaire ses connaissances en français et pour s’immerger dans une communauté francophone dynamique et florissante. Glendon abrite de nombreuses ressources en français et est l’hôte d’une grande variété d’événements francophones. Il accueille un grand nombre d’étudiants francophones du monde entier.