Cette fois-ci, nous vous présentons non pas un de nos diplômés, mais une de nos professeures. Anchi Lue joue un rôle important à la MIC depuis le tout début. Elle est l’une des collègues qui ont travaillé avec nous au développement du programme du courant Mandarin en 2011 et elle y enseigne depuis.

Anchi apporte une vaste expérience en classe. Elle est une interprète indépendante, basée dans les environs de Bruxelles, et c’est aussi une perle rare – elle est ce qu’on appelle une « Double A ». Elle est reconnue pour avoir deux langues dominantes, Mandarin et Anglais. Elle bénéficie par conséquent d’un positionnement unique pour partager ses connaissances en communication entre le monde chinois et anglophone. À maintes reprises, nos étudiants nous ont exprimé combien ils apprécient les conseils d’Anchi.

Nous avons récemment rencontré Anchi pour écouter ce qu’elle avait à nous dire sur son activité d’interprétariat et sur la profession en général.

Qu’est-ce qui vous a motivé à devenir interprète de conférence? Qu’est-ce qui vous plait dans ce travail?

Comme la plupart de mes collègues, ma rencontre avec la profession a été assez étrange. Je pensais que c’était une façon assez rapide d’obtenir un master. Ce ne fut pas le cas. Mais tous les efforts déployés se sont révélés tellement gratifiants que j’ai laissé tomber mon ancienne carrière de journaliste de radiodiffusion.

Pour les interprètes de conférence, l’accès aux décideurs et aux processus qui déterminent notre avenir sur cette planète est unique. Bien que notre métier nous oblige à rester neutres, je continue de croire que j’ai tout de même apporté ma petite pierre à l’édifice, lorsqu’un résultat est atteint.

Pouvez-vous nous décrire à quoi ressemble une journée ou une semaine typique?

Je dirai simplement qu’il n’y a pas de journée typique. Je passe beaucoup de temps à préparer mes missions, et je passe aussi beaucoup de temps à me tenir au courant de la façon dont les gens utilisent mes deux langues A. C’est en constant mouvement.

Contrairement à la croyance populaire, l’interprétation de conférence n’est pas un travail réactif. Vous n’êtes pas simplement assis à attendre que le conférencier vous abreuve d’information. Vous devez écouter et relater de façon proactive afin d’accéder au message et de le retenir. De plus, tout comme un présentateur de journal télévisé devant la caméra, la présentation est cruciale. La façon de vous tenir, le ton de votre voix et votre comportement font partie intégrante de ce message. Chaque matin, vous commencez par lire les nouvelles dans plusieurs langues. Vos habitudes sont tellement enracinées que vous ne vous rendez pas compte que vous êtes, en fait, en train de travailler.

Travailler en anglais comme langue B n’est pas facile, et c’est perçu, quelques fois, comme un défi pour des étudiants qui ont le Mandarin comme langue A.  Pourquoi pensez-vous que c’est le cas? Pouvez-vous donner quelques conseils?

La relation entre la langue et la culture est sans équivoque. Il est facile de sous-estimer, combien il est difficile d’être biculturel. J’entends par là qu’il faut avoir un cercle social dans votre langue B et y maintenir un grand nombre d’intérêts. Dans le cas de l’anglais, la diversité des formes, accents et paradigmes rend les choses doublement difficiles.

Il est important de prendre l’habitude de vous exposer à tous les domaines de connaissances de votre langue B. Je dirai, sans vous inquiéter, que vous devez avoir au moins 5 ans d’expérience de vie dans cette langue B pour pouvoir être totalement fonctionnel en tant qu’interprète. Les astuces peuvent variées d’une personne à une autre, mais allez sur YouTube et écoutez les gens parler de réparer une voiture ou assembler un meuble, mais prêtez attention à la façon dont il parle tout en exécutant le travail.

Dites-nous quelque chose sur le marché de l’interprétation de conférence en Chinois-Anglais en Europe. Quelles sont les principales sources de travail? Avez-vous des conseils ou ressources pour nos diplômés?

L’Union Européenne est le plus grand partenaire commercial de la Chine. Ça signifie qu’il y a énormément de circulation entre les deux côtés tant dans les collaborations du secteur public que privé. L’Europe est très variée, un continent riche en diversité historique, culturelle et linguistique. Par conséquent, les types de conférences sont très différents d’un endroit à l’autre. Il est impératif d’acquérir des compétences pour négocier dans les différents contextes culturels et pour naviguer autour de normes sociales. En Europe, il y a aussi la difficulté que l’anglais est fortement influencé par la langue native. Pas le temps d’apprendre toutes ces langues, vous devez prendre le temps de vous ajuster. Vous devez également vous tenir au courant des échanges entre la Chine, Taiwan et les régions anglophones.

Pour terminer, je devrais dire un mot sur les associations professionnelles. Affinez vos compétences, respectez une éthique professionnelle et joignez-vous à l’AIIC, cela vous permettra de gagner le respect de vos collègues qui pourront ensuite vous référer.


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